Désolé de vous imposer un pareil pavé pendant la digestion … mais nous réfléchissons à la mise en place d’une nouvelle boutique en ligne pour occuper notre petite famille, et hier soir,  entre deux apéros (un brainstorming) une nouvelle idée s’est imposée à nous. Pour le concept qui va suivre, peu importe le produit, mais pour une meilleure compréhension imaginez que le notre soit en rapport avec le textile. 

Nous souhaitons que la marque à mettre en place, rencontre l’adhésion des internautes (notre base de clients potentiels), et très cyniquement nous savons qu’il faut désormais obligatoirement répondre à certains critères éthiquo-écologiques censés garantir certaines valeurs morales au produit et donner par ricochet sa dose de bonne conscience au client final. C’est l’état de fait actuel qui pousse toutes les marques à l’affût d’actions marketing, à produire “equitable” ou “éthique”. Sur le terrain, et pour avoir déjà vendu quelques t-shirts c’est beaucoup plus compliqué que ça, et même si l’on arrive à en tracer une petite partie, on ne maîtrise jamais totalement sa production, en tout cas pas depuis le champ de coton initial (pour peu qu’on sache réellement où il se trouve). 

Mon argumentation est caricaturale, mais globalement, il est impossible d’assurer de façon formelle à ses clients (au delà du pur argument marketing) un quelconque engagement éthique ou social (dans le bon sens du terme) de la marque, si l’ensemble des contraintes est situé en amont, “garanti” par des structures que l’on ne connaît pas, et sur lesquelles surtout, nous n’avons aucun contrôle. 

L’expérience de Lafraise m’a permis de me rendre compte qu’une marque internet qui fonctionnait commercialement pouvait générer beaucoup d’argent. De l’argent dans des proportions qui n’ont strictement plus rien à voir avec aucun travail fourni. Pour info, en 2006, avant la cession, le CA du mois de juin (30 jours d’activité) avoisinait les 220 000 euros, pour un bénéfice (en gros, ce qui me revenait) avant impôt d’environ 80 000 euros. Personne, en tout cas pas moi, n’a réellement besoin d’autant pour vivre, même si il m’a fallu 2 ans et le montant de la vente de la société déposé sur un compte, pour m’en rendre réellement compte. 

L’idée c’est de créer un cercle vertueux qui inciterait les clients a acheter cette marque plutôt qu’une autre en redistribuant simplement 70 ou 80% des bénéfices à des associations (humanitaire, caritatives … à définir). Au delà d’un certain montant de bénéfice, on applique un pourcentage pour calculer le revenu des dirigeants et le reste est automatiquement redistribué. Exemple : Si l’on reprend le mois de juin 2006 de Lafraise, on est largement au delà de mes besoins personnels avec 80 000 euros par mois. Même en reversant 70% de cette somme aux Restos du Coeur (par exemple) il me reste 24 000 euros pour vivre … Je suis bien sur conscient que des montants pareil sont quand même difficile à atteindre, mais c’est justement là ou le concept est imparable. A produit et prix égal, les clients seront forcement plus enclins à venir acheter vos produits plutôt que ceux de vos concurrents, et rentreront d’eux même et avec le sourire dans ce cercle vertueux. 

Plus besoin que vos produits soit forcement éthiques ou équitables, la marque, l’entreprise elle même l’est, et elle génère en toute autonomie une seconde raison d’être, humainement positive, profitable à tous. Le chef d’entreprise vend plus, le client a super bonne conscience, et l’action “sociale” qui découle du profit réalisé, va directement a qui de droit.

Voilà ! Dites moi ce que vous en pensez, c’est un premier jet, il y a, c’est évident plein de points à corriger ou à expliquer plus en détails, mais ça nous semble tellement évident, que nous nous demandons vraiment si notre prochain projet ne va pas adopter ce nouveau “modèle économique”.